Ce qu'il faut connaitre de Brassens

 

🎼 Les chansons principales des 14 albums de Brassens

1. La Mauvaise Réputation (1952)

  • La Mauvaise Réputation
  • Le Gorille
  • Le Petit Cheval
  • Hécatombe

2. Le Vent (1953)

  • Le Vent
  • La Chasse aux papillons
  • Il n’y a pas d’amour heureux
  • Brave Margot

3. Les Sabots d’Hélène (1954)

  • Les Sabots d’Hélène
  • Chanson pour l’Auvergnat
  • La Cane de Jeanne
  • Le Parapluie

4. Je me suis fait tout petit (1956)

  • Je me suis fait tout petit
  • La Première Fille
  • La Mauvaise Herbe
  • Le Mécréant

5. Oncle Archibald (1957)

  • Oncle Archibald
  • Le Vin
  • La Prière
  • Le Mauvais Sujet repenti

6. Le Pornographe (1958)

  • Le Pornographe
  • Le Fossoyeur
  • La Ballade des dames du temps jadis
  • Le Mauvais Réputation (version réenregistrée)

7. Les Funérailles d’antan (1960)

  • Les Funérailles d’antan
  • Le Vieux Léon
  • Le Testament
  • Le Bistrot

8. Le temps ne fait rien à l’affaire (1961)

  • Le temps ne fait rien à l’affaire
  • Les Amoureux des bancs publics
  • Le Grand Pan
  • La Guerre de 14–18

9. Les Trompettes de la renommée (1962)

  • Les Trompettes de la renommée
  • Le Pornographe du phonographe
  • La Marche nuptiale
  • Le Temps passé

10. Les Copains d’abord (1964)

  • Les Copains d’abord
  • Supplique pour être enterré à la plage de Sète (préfiguration)
  • Le Pluriel
  • La Tondue

11. Supplique pour être enterré à la plage de Sète (1966)

  • Supplique pour être enterré à la plage de Sète
  • Le Fantôme
  • Le 22 septembre
  • La Fessée

12. Misogynie à part (1969)

  • Misogynie à part
  • La Religieuse
  • Mourir pour des idées (préfiguration)
  • Le Boulevard du temps qui passe

13. Fernande (1972)

  • Fernande
  • Trompettes de la renommée (nouvelle version)
  • Mélanie
  • Les Passantes (mise en musique du poème d’Antoine Pol)

14. Trompe la mort (1976)

  • Trompe la mort
  • Mourir pour des idées
  • La Princesse et le Croque-notes
  • Le Modeste

🎧 Bonne dégustation !

 

Ce qu'il faut reconnaitre chez Gainsbourg

Voici les quatre incontournables qui ont marqué l'histoire :

1. Lemon Incest (1984) — Inspiré de Frédéric Chopin

Pour ce titre ultra-provocateur avec Charlotte, Gainsbourg a repris l'Étude op. 10 n°3 en mi majeur de Chopin, souvent surnommée "Tristesse". C'est ironique, car à la base, une étude est précisément un morceau d'apprentissage pour pianiste. Gainsbourg plaque un rythme de synthétiseur lourd des années 80 sur la pureté de Chopin, créant un contraste saisissant.

2. Initials B.B. (1968) — Inspiré d'Antonin Dvořák

Cette immense déclaration d'amour à Brigitte Bardot s'ouvre sur un thème orchestral grandiose, sombre et poignant. Ce motif est directement tiré du premier mouvement de la Symphonie n°9 "Du Nouveau Monde" de Dvořák. Gainsbourg a ralenti le tempo original pour lui donner ce côté altière et dramatique.

3. Baby Alone in Babylone (1983) — Inspiré de Johannes Brahms

Considérée comme l'une des plus belles chansons qu'il ait écrites pour Jane Birkin après leur rupture. La mélodie du refrain est une copie conforme du troisième mouvement (Poco allegretto) de la Symphonie n°3 de Brahms. La mélancolie originelle du compositeur allemand colle à la perfection au texte de Gainsbourg sur la solitude hollywoodienne.

4. Jane B. (1969) — Inspiré de Frédéric Chopin

Le premier grand titre qu'il offre à Jane Birkin pour se présenter au public français ("Sous mon pull de mohair..."). Derrière la voix fragile de Jane, le piano déroule note pour note le Prélude op. 28 n°4 de Chopin. Une mélodie dépouillée, cyclique, qui tourne sur elle-même comme une obsession.

Le clin d'œil caché : Même son premier immense tube en tant qu'auteur pour les autres, "Poupée de cire, poupée de son" chanté par France Gall à l'Eurovision en 1965, cache un emprunt. Le rythme ultra-rapide et saccadé du morceau est inspiré du final (Prestissimo) de la toute première Sonate pour piano de Beethoven.

Gainsbourg s'amusait de cette méthode en disant : « Moi à côté, je fais de la petite musique, de la musiquette. Un art mineur. Donc j'emprunte. »

L'Andantino (la première pièce de cet album de Khatchatourian) a une filiation directe et historique avec Serge Gainsbourg. En fait, Gainsbourg a littéralement pillé cette mélodie pour écrire l'une de ses chansons phares pour Jane Birkin : "Charlotte Forever" (1986), interprétée en duo avec sa fille Charlotte.

Si vous réécoutez l'intro et le couplet de Charlotte Forever, vous y retrouverez exactement ce motif obsédant, nostalgique et un peu suspendu de Khatchatourien.

Chez Khatchatourian, il est venu puiser cette mélancolie épurée, presque enfantine mais chargée d'une pointe de gravité, qui collait parfaitement à l'univers un peu sombre et fragile qu'il tissait pour Charlotte à cette époque. Vous avez mis le doigt pile dessus !

Khatchatourian a écrit deux volumes (le premier en 1947, le second en 1965), chacun contenant 10 pièces. Ce qui frappe immédiatement à l'écoute ou à l'exécution, c'est :

  • Le sens du rythme : C'est ultra-rythmique, presque percussif par moments. On y retrouve l'énergie de sa célèbre Danse du sabre.

  • Les harmonies "piquantes" : Il adore utiliser des secondes mineures ou des dissonances passagères. Pour l'oreille d'un enfant, cela sonne moderne, un peu espiègle, jamais ennuyeux.

  • Les modes orientaux : La musique n'est pas simplement en mode majeur ou mineur classique ; elle utilise les échelles et les intervalles de la musique traditionnelle arménienne, ce qui lui donne un parfum d'ailleurs immédiat.

Quelques pièces incontournables du Volume 1

Si on se penche sur le premier recueil, trois pièces se démarquent particulièrement :

1. Andantino (n°1)

C'est sans doute la plus célèbre. D'une simplicité désarmante à la main droite, elle repose sur un balancement très doux et nostalgique. C'est l'exemple parfait de sa capacité à écrire une mélodie simple mais profondément expressive, qui reste en tête dès la première écoute.

2. Le Petit Cheval (n°4)

Une superbe étude de rythme et d'articulation. Le piano imite le trot d'un cheval avec un staccato vif et des accents asymétriques. C'est bondissant, plein d'humour et très formateur pour l'indépendance des doigts.

3. Étude (n°10)

Plus technique, elle clôture le premier volume avec une énergie débordante, jouant sur la vélocité et les contrastes dynamiques typiques du compositeur.

L'intention pédagogique : Khatchatourien ne cherchait pas à faire de la "fausse" musique simpliste pour les enfants. Il disait vouloir habituer l'oreille des jeunes pianistes aux langages contemporains et aux polyphonies complexes dès le début de leur apprentissage.

Créez votre propre site internet avec Webador